
Chromatogramme de la glace cométaire fabriquée en laboratoire. Chaque pic correspond à une molécule organique.
Reproduites en laboratoire, les conditions extrêmes du milieu interstellaire se sont révélées propices à la formation de nombreux acides aminés dont l'un pourrait avoir été un constituant de l'ADN primitif.
Les briques élémentaires de la vie sont peut-être tombées du ciel. Selon de nouveaux travaux menés par une équipe franco-allemande, une comète «artificielle» s'est révélée être un terreau idéal pour l'apparition de certaines molécules organiques qui pourraient avoir constitué l'ancêtre de l'ADN.
La naissance des premiers organismes vivants auraient une origine extra-terrestre.
Les chercheurs de l'Institut d'astrophysique spatiale de l'université de Paris-Sud ont fabriqué une «micro-comète» en laboratoire. Ils ont utilisé une poussière - un grain de fluorure de magnésium - qu'ils ont plongé dans un mélange de vapeurs d'eau, d'ammoniac et de méthanol, autant de composés que l'on retrouve dans le milieu interstellaire. Les conditions dans la petite enceinte étaient aussi celles que l'on retrouve typiquement dans l'espace: sous vide et à -200°C. La matière s'est alors condensée pour former «un manteau de glace» autour de la poussière: une comète artificielle de quelques microgrammes.
Cette matière première a alors été bombardée de rayons ultraviolets. Le microscopique morceau de glace a reçu en dix jours l'équivalent de ce à quoi est exposée une poussière de comète réelle pendant des millions d'années dans l'espace. Cette violente irradiation a provoqué l'apparition de liaisons entre les atomes de carbone. En d'autres termes, de la matière organique s'est formée.
L'Institut de chimie de Nice a alors récupéré le petit glaçon pour l'analyser avec un «chromatographe multidimensionnel en phase gazeuse». Un instrument de très haute précision qui permet de déterminer la nature des molécules. «Nous avons trouvé 26 acides aminés (les briques élémentaires des protéines, ndlr), c'est du jamais vu», raconte Uwe Meierhenrich.
De la matière organique avait été trouvée dans des météorites, «mais on ne peut jamais être sûr que celle-ci ne s'est pas formée sur Terre sous l'action de petits microbes». La communauté scientifique sait désormais que l'hypothèse de la naissance de la matière organique sur les comètes est très sérieuse.
Plus surprenant, six acides diaminés ont été découverts. C'est une grande première. Parmi eux, la N-2-Aminoethylglycine qui pourrait être un constituant majeur de l'acide peptidique nucléique (APN), l'ancêtre probable de l'ADN.
Ces travaux ont également comme objectif de préparer l'arrivée de la sonde Rosetta qui doit se poser en 2014 ou en 2015 sur une comète. Le chromatographe embarqué par la sonde doit permettre d'identifier les éventuels composés organiques présents à la surface. «Pour pouvoir les trouver dans un échantillon, il est préférable de connaître leur poids approximatif à l'avance», explique le chimiste allemand. Les chercheurs disposent maintenant d'indices intéressants.
Source Le Figaro Une «brique de vie» formée dans une comète artificielle
Nota : Le fait que des molécules de "vie" puissent se créer sur des comètes n'exclut pas forcément qu'elles ne puissent pas se créer également sur des planètes. mais si une température de -200° est indispensable alors la vie est apparue ailleurs que sur la terre en premier |